C’est une épidémie mondiale qui fait chaque année plus de morts que les guerres et les homicides réunis.
Un virus qui a coûté la vie à 800.000 personnes en 2016 dont plus de 10.000 de nos concitoyens.
Mais étrangement, on n’en parle pas. Ou alors, si peu.

Pourquoi ?
Sans doute parce qu’il s’agit encore d’un mal honteux dans notre société, qu’on préfère entourer de silence ou reléguer dans la rubrique des faits divers.
Peut-être également parce qu’on ne sait pas comment en interpréter les symptômes, parasités par tant d’idées reçues.
Très certainement aussi parce que malgré tous les efforts déployés jusqu’à présent, on peine à trouver un remède efficace.
Parce qu’enfin, on ne s’imagine pas un instant que ce virus puisse nous atteindre…

Pourtant, quand le fait divers devient drame personnel, que le virus affecte notre entourage, voire qu’il se propage en nous-mêmes, ces éléments de réponse paraissent bien légers et d’autres “pourquoi” surgissent.

Pourquoi la France est-elle l’un des pays d’Europe avec le plus important nombre de décès par suicide ? Pourquoi un enfant de 9 ans en arrive-t-il à sauter du 9ème étage ? Pourquoi ce brillant chirurgien s’est-il ôté la vie ? Pourquoi une adolescente de 13 ans a-t-elle été retrouvée pendue dans sa chambre ? Pourquoi mon voisin septuagénaire a-t-il “choisi” de partir ainsi ? Et pourquoi moi, suis-je assailli de pensées d’autodestruction ?

Certes, il est impossible de formuler une explication unique à ces questionnements, tant le suicide est un phénomène complexe, déterminé par une multitude de facteurs.

Néanmoins, il est possible de répondre à ces “Pourquoi” par des actions concrètes. Briser le silence, lutter contre l’isolement, créer une relation d’aide personnalisée, offrir une écoute bienveillante, apporter un soutien et un réconfort à toute personne en souffrance : telle est la vocation de l’association ASAPH et du dispositif il y a 1 espoir.

Parce qu’il est aujourd’hui inacceptable de ne ne pas tout mettre en oeuvre pour prévenir un maximum de passages à l’acte.
Et parce que nous ne voulons pas attendre qu’un ami, une collègue, un voisin, un parent, un frère ou une sœur attente à ses jours pour nous sentir concernés par le suicide.

En 2017, le virus est toujours vivant.
Aidez-nous à le stopper.

Michel CHINER, fondateur du réseau national il y a 1 espoir

En 1998, le Secrétaire d’Etat à la Santé et à l’Action Sociale, M. Bernard KOUCHNER, lançait un programme national de prévention du suicide sur trois ans. C’est du désir d’organiser cette prévention qu’est née l’association ASAPH (Action de Soutien, d’Aide et de Présence Humanitaire), une association humanitaire chrétienne au service de toute personne en souffrance. La création de l’association a été publiée au Journal Officiel du 21 mai 1999.

Cette association met à disposition, chaque jour de la semaine, entre 15h et 23h, un personnel dévoué et compétent de bénévoles au sein d’un dispositif d’écoute dont l’objectif premier, mais non exclusif, est la prévention du suicide.

Ouverte à la parole de toute personne en état de crise, notre association offre une aide sous la forme d’une écoute attentive dans le respect de l’anonymat et de la confidentialité, tel que défini dans la charte de l’association.

Nous savons qu’il suffit de peu pour enrayer le projet suicidaire, comme il suffit de peu pour le faire progresser.

La prévention du suicide, ce n’est pas uniquement une affaire de spécialistes, c’est l’affaire de tous !

L’action de notre association et du dispositif Il y a 1 espoir s’inscrit dans l’approche globale de la prévention du suicide et s’articule autour des quatre missions suivantes :

  • La promotion de la santé : nous mettons en œuvre tout ce qui permet de répondre aux besoins des individus en termes de bien-être physique, psychique et social.
  • La prévention du suicide : en offrant une écoute et un espace de parole, nous tentons d’identifier les personnes à risque, de diagnostiquer et de traiter des troubles susceptibles de créer une souffrance majeure. Nous soutenons également toutes les actions ayant pour but de limiter l’accès aux moyens du suicide et souhaitons sensibiliser le grand public à la problématique du suicide.
  • L’intervention en cas de crise suicidaire : nous cherchons à extraire l’individu du cycle infernal de la crise suicidaire en ayant une action appropriée à chaque étape de la crise : de la phase d’idéation du suicide, à la phase où le suicide devient une intention jusqu’à la phase de programmation de l’acte suicidaire.
  • La postvention suite à un suicide : il s’agit d’accompagner les personnes endeuillées suite au suicide d’un proche (familles, amis, collègues…), et également de prendre en charge les personnes qui ont vu la scène ou celles qui ont assuré les secours. Par ailleurs, nous luttons pour limiter le phénomène de contagion et d’imitation de l’acte suicidaire par les personnes vulnérables.

Une éthique rigoureuse est au centre de nos valeurs. Elle est basée sur plusieurs principes comme l’anonymat des appelants, la stricte confidentialité des appels, le non-jugement, le respect des convictions et des idées de chacun.
Une charte encadre et précise les conditions de l’écoute. Le respect de ses principes s’impose à tout écoutant. Le texte inclut depuis 2007, les nouvelles modalités d’écoute par Internet.

Le dispositif il y a 1 espoir est composé d’écoutants bénévoles qualifiés, des femmes et des hommes chrétiens, de tous âges et d’horizons socioculturels divers. À l’heure actuelle, 37 équipiers se relaient chaque jour de la semaine pour assurer les permanences téléphoniques (de 15h à 23h), ainsi qu’un service d’écoute sur Internet (de 19h à 23h). Il faut leur ajouter les 15 référents locaux qui permettent d’ancrer le dispositif au niveau national.

Le recrutement

Il s’opère de manière rigoureuse en référence aux valeurs chrétiennes de l’association. Il est demandé aux écoutants bénévoles d’il y a 1 espoir un engagement réel et sérieux, ainsi qu’une motivation particulière à œuvrer dans le champ de la prévention du suicide. Chaque écoutant doit être capable d’adopter une posture reposant sur la confidentialité, l’anonymat, le respect de la personne, quelle qu’elle soit et faire preuve d’une grande capacité d’écoute, d’humilité, de patience et d’empathie afin d’accueillir la parole de tous, d’accompagner l’appelant et de le soutenir dans sa démarche.

La formation

Parce que l’écoute ne s’improvise pas, il y a 1 espoir assure à ses nouveaux membres une formation initiale théorique indispensable et obligatoire. La formation pratique, accompagnée par des écoutants confirmés, fait partie du parcours de formation.

Des réunions trimestrielles de supervision et de formation continue sont organisées afin d’améliorer la qualité de l’écoute tout au long de l’année. Par ailleurs, une mise à niveau des compétences est régulièrement effectuée avec des modules de formations internes portant sur des thèmes comme “Les différents types d’appels”, “Dépression et suicide” ou encore “Accompagner le jeune qui présente des conduites à risques.”